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	<title>Julien Aubert Photographies &#124; Blog &#187; Van Gogh</title>
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		<title>Autoportrait</title>
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		<pubDate>Sun, 13 Jan 2013 12:14:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[julien aubert]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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		<category><![CDATA[Van Gogh]]></category>

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		<description><![CDATA[Paris / 01.2013 Les souliers de Van Gogh (1886) ont réussi à faire couler beaucoup d'encre. Des planches à billets certes, mais aussi des philosophes et historiens de l'art, ainsi que des réfractaires aux critiques des critiques d'arts, etc. Au final, Van Gogh a emporté dans sa tombe les raisons qui l'ont amené à peindre [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"></p><br />
<p style="text-align: center;"><img src="http://blog.julien-aubert.com/photos/2013/img1367b.jpg" alt="" width="600" height="600" /></p><br />
<p style="text-align: center;">Paris / 01.2013</p><br />
<p style="text-align: center;"><span id="more-150"></span></p><br />
Les souliers de <strong>Van Gogh </strong>(1886) ont réussi à faire couler beaucoup d'encre. Des planches à billets certes, mais aussi des philosophes et historiens de l'art, ainsi que des réfractaires aux critiques des critiques d'arts, etc. Au final, Van Gogh a emporté dans sa tombe les raisons qui l'ont amené à peindre cette toile, et ce qu'elle représente au fond d'elle laissant toutes interprétations à l'état de supposition.<br />
<br />
<strong>Heidegger </strong>présentait dans son recueil "<strong>Les chemins qui mènent nulle part</strong>" (1935) une critique d'art en s'appuyant sur la série de souliers peints par <strong>Van Gogh</strong>, partant sur l'hypothèse (affirmant) que ces souliers appartenaient à une paysanne.<br />
En décrivant de manière sommaire le tableau, non pas sa technique mais en s’intéressant sur la chose que furent les souliers, et en l'analysant directement, Heidegger y trouve une essence, un symbole. Même si au final, la méthode semble trop intuitive et basée sur un cadre non fondé, le texte reste néanmoins intéressant pour sa démarche.<br />
<br />
"Nous choisissons à cet effet un célèbre tableau de Van Gogh, qui a  souvent peint de telles chaussures. Mais qu’y a-t-il là à voir ? Chacun  sait de quoi se compose un soulier. [...] Un tel produit sert à chausser le pied.<br />
Ces précisions ne font qu’exposer ce que nous savons déjà.  L’être-produit du produit réside en son utilité. Mais qu’en est-il de  cette dernière ? Saisissons-nous déjà, avec elle, ce qu’il y a de  proprement produit dans le produit ? Ne devons-nous pas, pour y arriver,  considérer lors de son service le produit servant à quelque chose ?<br />
C’est la paysanne aux champs qui porte les souliers. Là seulement ils  sont ce qu’ils sont. Ils le sont d’une manière d’autant plus franche que  la paysanne, durant son travail, y pense moins, ne les regardant point  et ne les sentant même pas. Elle est debout et elle marche avec ces  souliers. Voilà comment les souliers servent réellement. Au long du  processus de l’usage du produit, le côté véritablement produit du  produit doit réellement venir à notre rencontre.<br />
<br />
Par contre, tant que nous nous contenterons de nous représenter une  paire de souliers « comme ça », « en général », tant que nous nous  contenterons de regarder sur un tableau de simples souliers vides, qui  sont là sans être utilisés – nous n’apprendrons jamais ce qu’est en  vérité l’être-produit du produit. D’après la toile de Van Gogh, nous ne  pouvons même pas établir où se trouvent ces souliers. Autour de cette  paire de souliers de paysan, il n’y a rigoureusement rien où ils  puissent prendre place : rien qu’un espace vague. Même pas une motte de  terre provenant du champ ou du sentier, ce qui pourrait au moins  indiquer leur usage. Une paire de souliers de paysan, et rien de plus.<br />
<br />
Et pourtant, dans l’obscure intimité du creux de la chaussure est  inscrite la fatigue des pas du labeur ; dans la rude et solide pesanteur  du soulier est affermie la lente et opiniâtre foulée à travers champs,  le long des sillons toujours semblables, s’étendant au loin sous la  bise. Le cuir est marqué par la terre grasse et humide. Par-dessous les  semelles s’étend la solitude du chemin de campagne qui se perd dans le  soir. A travers ces chaussures passe l’appel silencieux de la terre, son  don tacite du grain mûrissant, son secret refus d’elle-même dans  l’aride jachère du champ hivernal. A travers ce produit repasse la  muette inquiétude pour la sûreté du pain, la joie silencieuse de  survivre à nouveau au besoin, l’angoisse de la naissance imminente, le  frémissement sous la mort qui menace. Ce produit appartient à la terre,  et il est à l’abri dans le monde de la paysanne. Au sein de cette  appartenance protégée, le produit repose en lui-même.<br />
<br />
Tout cela, peut-être que nous ne le lisons que sur les souliers du  tableau. La paysanne, par contre, porte tout simplement les souliers.  Mais ce « tout simplement » est-il si simple ? Quand, tard au soir, la  paysanne bien fatiguée, met de côté ses chaussures ; quand chaque matin à  l’aube elle les cherche, ou quand, au jour de repos, elle passe à côté  d’elles, elle sait tout cela, sans qu’elle ait besoin d’observer ou de  considérer quoi que ce soit. L’être-produit du produit réside bien en  son utilité. Mais celle-ci à son tour repose dans la plénitude d’un être  essentiel du produit. Nous l’appelons la solidité. Grâce à elle, la  paysanne est confiée par ce produit à l’appel silencieux de la terre ;  grâce au sol qu’offre le produit, à sa solidité, elle est soudée à son  monde. Pour elle, et pour ceux qui sont avec elle comme elle, monde et  terre ne sont là qu’ainsi : dans le produit. Nous disons « ne... que »,  mais ici la restriction a tort. Car c’est seulement la solidité du  produit qui donne à ce monde si simple une stabilité bien à lui, en ne  s’opposant pas à l’afflux permanent de la terre.<br />
<br />
L’être-produit du produit, sa solidité, rassemble toutes les choses  en soi, selon le mode et l’étendue de chacune. L’utilité du produit  n’est cependant que la conséquence d’essence de sa solidité. Celle-là  vibre en celle-ci, et ne serait rien sans elle. Le produit particulier  s’use et s’épuise, mais en même temps l’usage lui-même tombe dans  l’usure, s’émousse et devient quelconque. L’être-produit lui-même  parvient à la désolation, et tombe au niveau du simple « produit  quelconque ». Cette désolation de l’être-produit, c’est le dépérissement  de sa solidité. Mais le dépérissement comme tel, auquel les choses de  l’usage doivent leur banalité ennuyeuse et importune, n’est qu’un  témoignage de plus en faveur de l’essence originelle de l’être-produit.  La banalité usée des produits arrive alors à se faire valoir comme  l’unique et exclusif mode d’être propre au produit. On n’aperçoit plus  que l’utilité toute nue. Elle fait croire que l’origine du produit  réside dans sa simple fabrication, laquelle impose à une matière une  forme. Et pourtant, en son authentique être-produit, le produit vient de  plus loin. La matière et la forme, ainsi que la distinction des deux,  remontent elles-mêmes à une origine plus lointaine.<br />
<br />
L’être-produit du produit a été trouvé. Mais de quelle manière ? Non pas  au moyen de la description ou de l’explication d’une paire de  chaussures réellement présentes ; non pas par un rapport sur le  processus de fabrication des souliers ; non pas par l’observation de la  manière dont, ici et là, on utilise réellement des chaussures. Nous  n’avons rien fait que nous mettre en présence du tableau de Van Gogh.  C’est lui qui a parlé. La proximité de l’œuvre nous a soudain transporté  ailleurs que là où nous avons coutume d’être.<br />
<br />
L’œuvre d’art nous a fait savoir ce qu’est en vérité la paire de souliers.<br />
<br />
Mais avant tout, l’œuvre n’a nullement servi, comme il pourrait sembler  d’abord, à mieux illustrer ce qu’est un produit. C’est bien plus  l’être-produit du produit qui arrive, seulement par l’œuvre et seulement  dans l’œuvre, à son paraître.<br />
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[...]<br />
<br />
L’essence de l’art serait donc : le se mettre en œuvre de la vérité  décrétant. Mais l’art n’avait-il pas affaire jusqu’à présent au Beau et à  la Beauté plutôt qu’à la Vérité ? Par opposition aux arts artisanaux  qui fabriquent des produits, les arts qui produisent des œuvres sont  appelés les beaux-arts. Mais dans les beaux-arts, ce n’est pas l’art qui  est beau ; on les appelle ainsi parce qu’ils créent le Beau. La Vérité,  par contre, est du domaine de la Logique, le Beau étant réservé à  l’Esthétique.<br />
<br />
[...]<br />
<br />
La toile de Van Gogh est l’ouverture de ce que le produit, la paire de  souliers de paysan, est en vérité. Cet étant, fait apparition dans  l’éclosion de son être."<br />
<p style="text-align: left;">"Il s’agit dans l’œuvre non pas de la reproduction de l’étant particulier  qu’on a justement sous les yeux, mais plutôt de la restitution en elle  d’une commune présence des choses."</p><br />
<strong>Shapiro, </strong>quant à lui, analyse dans "<strong>Style, artiste et société</strong>" (1968) la représentation de souliers de Van Gogh de manière différente, simplement, supposant (affirmant) que ces souliers appartenaient à Van Gogh lui même, sur la base d'écrits du peintre retrouvés. Les souliers isolés, plein cadre, et face au spectateur font office d'autoportrait. Ils deviennent l’extension du peintre.<br />
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D'autres se sont lancés dans la critiques de ces deux critiques tel <strong>Derrida </strong>dans <strong>"La vérité en peinture"</strong>.<br />
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Lorsqu'on se souvient de ce que <strong>Henri Cartier-Bresson</strong>, de son coté, aurait dit à Philip Jones  Griffiths à savoir qu'il était plus important d'investir dans des bonnes chaussures en  cuir que dans un bon appareil photo, l'analyse de Shapiro prend tout son sens. (Soit dit en passant, connaissant son appareil de prédilection, ses chaussures devaient être non moins luxueuses !). N'utilisant qu'une (ou deux  ?) focale fixe, c'est au photographe de se rapprocher du sujet à photographier, et non a un quelconque zoom de faire le travail, sans contact ni effort.<br />
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Toujours que les miens, de souliers, ont rendu l'âme.<p><a class="a2a_dd a2a_target addtoany_share_save" href="https://www.addtoany.com/share_save#url=http%3A%2F%2Fblog.julien-aubert.com%2F%3Fp%3D150&amp;title=Autoportrait" id="wpa2a_2"><img src="http://blog.julien-aubert.com/wp-content/plugins/add-to-any/share_save_120_16.png" width="120" height="16" alt="Share"/></a></p>]]></content:encoded>
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